« Le célibataire » de Stella Gibbons – Chronique littéraire

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Un grand merci aux Éditions  Points pour leur confiance et plus particulièrement à Thibaut pour sa gentillesse.

Vous pouvez découvrir les autres romans publiés chez eux en cliquant ici.

J’aime beaucoup les romans dont l’histoire se déroule dans le passé et le synopsis de celui ci m’a particulièrement plu… Je n’ai pas été déçue par l’histoire !

 

« Les gens sont assommants. Cette façon qu’ils ont de tomber amoureux ! »



Quatrième de couverture 

Miss Fielding règne sur la maison ; son frère Kenneth, sur les jardins. Ensemble, les deux célibataires vivent paisiblement dans leur demeure de Sunglades. Du moins jusqu’à ce que les bombardements de Londres leur imposent des réfugiés. Betty, une charmante veuve, et Vartouhi, la belle et impertinente réfugiée baïramienne, bouleversent rapidement l’ordre établi, et sèment la confusion dans les coeurs


Qu’en ai-je pensé ?

Le résumé en lui-même donne envie de découvrir cette histoire familiale mais il n’annonce pas tout à fait la vérité. Il nous indique que « les bombardements de Londres leur imposent des réfugiés« . Ce n’est pourtant pas le cas ! La maîtresse de maison, Constance Fielding, fait le choix d’accueillir ces deux femmes, délibérément et non par obligation. Elle n’est pas particulièrement ravie de cette situation mais elle préfère cohabiter avec des personnes de sa connaissance et choisies par ses soins : une ancienne amie et une nouvelle employée, plutôt qu’avec des inconnus.

Le personnage de Betty est tout à fait intéressant car elle est en réalité l’ancienne fiancée du frère de Constance, Kenneth, âgé de quarante-cinq ans. Elle est belle et aime séduire. Elle arrive à la demeure Fielding avec son fils Richard, jeune homme chétif et malingre.

La jeune Vartouhi est elle aussi très belle, une douce orientale, très exotique, qui va faire battre les coeurs des deux hommes de la maison. Richard et Kenneth vont n’avoir d’yeux que pour elle, ce qui va profondément contrarier Constance qui déteste toute forme de changement et qui n’est à l’aise que dans l’immobilisme et la monotonie de sa vie. Elle est originaire de Baïramie, petit pays imaginaire crée par l’auteur. Oui oui, je suis allée vérifier sur internet… ce pays n’existe pas ! 

« – Mon pays est la Baïramie, annonça la jeune fille en souriant mais avec fierté.

La femme la regarda, perplexe. Ne voulant pas sembler ignorante (mot signifiant pour elle non pas mal informée mais impolie), elle finit par dire pour s’excuser :

– Il y a tant d’endroits de ce genre depuis la guerre.

– Vous saurez ce qu’il est si je vous dis : Baïramie, pays des abricots ! répliqua la jeune fille en riant. « 

Le titre aurait tout à fait pu s’appeler Les Célibataires car presque tous les personnages du roman sont seuls. Nous aurions pu croire que cette histoire ne traite que du personnage de Kenneth et de ses amours, mais il n’en est rien : nous découvrons un véritable portait caustique de la société et des moeurs de l’époque.

Que de bouleversements pour cette bourgeoisie anglaise ancrée dans les traditions !

Petit indice sur la fin : un mariage est célébré ! Mais ne comptez pas sur moi pour vous dire qui sont les deux amoureux… Vous devrez découvrir le livre par vous-même pour le savoir.

« Adieu, Baïramie, pays des vierges souriantes,
Petites et gracieuses mais aussi vaillantes que leurs pères,
Adieu, monts enneigés et clairières riches en fruits
Où la Nature sourit à tous les doux désirs de l’Homme !
La belle Liberté gît enchaînée en des contrées plus vastes
Mais elle résiste encore, invaincue, sur tes rochers.
J’aurai beau m’éloigner sur les vagues ténébreuses,
Tes vallées, Baïramie, gardent une part de moi-même ! »

Les petits + ?

♥ L’imagination de l’auteur ! À part dans les romans de science-fiction où de nouveaux mondes sont régulièrement imaginés pour les besoins de l’histoire, il est rare de trouver dans un roman historique un pays crée de toute pièce par l’auteur. Je regrette que la Baïramie ne soit qu’imaginaire car il m’a l’air d’être exotique et très beau !

♥ La douceur de sa plume… J’ai pris du plaisir à lire cette histoire, à m’attacher aux personnages et à suivre leur progression. Je ne connaissais pas Stella Gibbons et je pense me laisser tenter par ses autres romans.

Le petits – ? 

♠ La couverture ne m’a pas vraiment plu. Je l’ai trouvé peut-être trop équivoque et après avoir lu le roman, je ne la trouve pas représentative de l’histoire.

♠ Le côté « non-romantique » de l’histoire.

« – Elle dit qu’il est grand temps qu’elle ait un mari, ayant atteint l’âge impressionnant de vingt ans, et comme je n’avais pas de gemme (elle ne comprend pas pourquoi, à propos), et que j’ai une « maison grande et riche’ et plein d’argent, elle s’est dit que je ferais tout à fait l’affaire.

– Comment peux-tu être si… si… matérialiste… dénué de toute spiritualité… tu admets qu’elle t’épouse pour ton argent…

– Oh, nous nous entendrons très bien, répliqua t-il. »


Un petit mot sur l’auteur :

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Journaliste, poétesse et romancière britannique, Stella Gibbons (1902-1989) a obtenu en 1934 le prix Femina-Vie Heureuse.

Ses romans, le Bois du Rossignol et Westwood sont disponibles en Points.

 


 

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