« L’été du Grand Brûle » de Jacques Bussillet – Chronique littéraire

Je ne peux plus me passer des romans publiés aux Éditions Baudelaire.
Merci à eux pour leurs formidables envois. 
Voici une nouvelle découverte !

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Quatrième de couverture

L’été du Grand Brûle est la chronique des événements qui se sont déroulés au cours de l’été 1944, dans un petit village du Revermont, aux confins de l’Ain et du Jura. Pris en tenaille entre les troupes allemandes et les maquisards, deux médecins persistent à respecter leur serment d’Hippocrate en soignant quiconque le nécessite, au mépris des risques que cela entraine. Bien malgré eux, ils se retrouvent entraînés dans des évenements qui les dépassent. Leur petite histoire se mêle à des faits bien réels qui ont marqué le département de l’Ain au cours de ces terribles années de guerre.

Le « Grand Brûle » est le nom donné à une opération de représailles de l’armée allemande, pendant le mois de juillet 1944, au cours de laquelle plusieurs centaines de maisons furent incendiées dans les cantons de Treffort et de Coligny.



Qu’en ai-je pensé ?

Pour une fois dans un roman traitant de la guerre, nous possédons un avis neutre en la personne de Philippe Buissonier, père de famille nombreuse et médecin qui tente, tant bien que mal, de respecter le serment de sa profession.

Il est contre l’Occupation mais il ne soutient pas forcément le maquis, qu’il trouve violent et provocateur inutilement. De nombreuses fois, il se fait arrêter par des maquisards qui l’accusent de collaborer avec les Allemands.

« Ce n’est pas la première fois que vous me traitez de collabo. J’ai soigné des boches, c’est vrai et pourtant je ne les aime pas, vous pouvez me croire. Mais j’ai soigné encore plus de maquis. […] En fait, je n’ai qu’une opinion : je suis médecin et je soigne ceux qui en ont besoin, sans distinction de race ou de couleur. »

« – Vous êtes vraiment doktor ?
– Oui, je suis médecin. J’habite la maison d’en face , j’ai quatre enfants et je soigne tout le monde.
– Accepteriez-vousde soigner nos soldats ?
– Je vous l’ai dit, je soigne tout le monde. »

Il y a une très belle histoire d’humanité derrière cette chronique de l’été 1944. De nature plutôt sensible, j’ai tendance à me plonger corps et âme dans les romans que je lis. Ma gorge était serrée tout au long de ma lecture tant l’auteur a su décrire les émotions ressenties par les personnages. À l’aube du Débarquement, le patriotisme est incroyable et révéteur de l’époque. C’est un très beau témoignage, très émouvant. Et lorsque je parle de patriotisme… c’est au détriment d’autres choses. François n’a peur de rien pour aider les autres et sauver la France, à sa manière. Il n’a pas peur de la mort, ce qui terrifie sa femme.

« Elle ne put s’empêcher de se dire que, dans sa détermination à tout tenter pour sauver la vie de cet homme, son mari n’avait pas eu la moindre pensée pour ses trois jeunes enfants, pour elle, pour celui qui allait naître. Dès qu’il s’agissait d’exercer son métier, Philippe ne se donnait aucune limite, perdait toute notion du danger. »

J’ai été totalement immergée dans l’univers maquisard que je connaissais peu. J’y ai découvert une organisation particulièrement bien orchestrée et la nécessité d’être toujours opérationnel, quelque soit la situation.

« -Je l’avais remarqué la dernière fois. Les circonstances étaient cependant moins détendues qu’aujourd’hui. Vos hommes semblent disciplinés et très ordonnés.

– Vous savez Philippe, nous ne pouvons nous permettre l’improvisation. Former ces combattants, leur apprendre les règles de la guerre, mais aussi la discipline nécessaire au sein du groupe, cela n’a pas été facile. »

Philippe se fait arrêter à de nombreuses reprises par des membres de la Résistance et des Allemands. Il est menacé de mort plusieurs fois mais impressionnant de courage et de dignité, il arrive toujours à s’en sortir. On lui réquisitionne de la nourriture, ses effets personnels, son matériel médical et même sa moto ! Pas de répit en temps de guerre… 

Si je devais citer un moment en particulier qui m’a marqué, c’est celui d’un sauvetage in-extremis d’un maquisard, blessé par balle. Le médecin l’emmène dans sa voiture à l’hôpital le plus proche. Arrêté par les allemands à un barrage, il réussit à leur inventer une histoire, prétextant que le blessé avait pris un coup de corne. Et ça a marché… Quel courage ! 

Les petits + ?

L’histoire est belle et originale. La lecture est rapide. On découvre l’univers de la Résistance sous un autre jour… moins glorieux ! Ce qui est très intéressant.

« Il oscillait dans sa fureur entre la rancoeur envers les Résistants, dont les actions avaient entraîné ces représailles, et sa haine des boches solidement ancrée entre lui. Il ne supportait pas de voir ces paysans souffrir de l’affrontement de ces forces contre lesquelles ils ne pouvaient rien. »

Les petits – ?

J’ai trouvé à certains moments que les dialogues ne faisaient pas naturels….



Un petit mot sur l’auteur ?

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Après ses études au CUEJ (Centre Universitaire d’Enseignement du Journalisme) de Strasbourg, Jacques Busillet devient journaliste et auteur spécialisé dans le sport. Il a publié une quinzaine d’ouvrages consacrés à des biographies de champions, ou à des évenements liés au sport.

 

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