« Lucie ou la vocation » de Maëlle Guillaud – Chronique littéraire

Merci aux Éditions Points (Merci Thibaut!) pour l’envoi de ce Service-Presse. C’est la deuxième oeuvre de cette maison d’édition que j’ai l’opportunité de découvrir. Si vous n’aviez pas vu la première, vous la trouverez ici.

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Quatrième de couverture :

À vingt ans, Lucie est avide de passion. Elle tombe amoureuse pour la première fois. En dépit des pleurs de sa famille, des reproches de sa meilleure amie, Lucie choisit de se consacrer entièrement à son Seigneur. Entre les quatre murs du couvent, elle résiste à toutes les brimades, guidée par sa foi. Seule la découverte d’un secret la fait chanceler : et si la pureté n’était pas là où elle le pensait ?


Qu’en ai-je pensé ?

Je l’ai commencé après une petite déception livresque vers 22h un dimanche soir et à minuit… il était terminé ! Je l’ai littéralement dévoré. Pour ceux qui me connaissent depuis longtemps, vous savez que la religion possède une belle place dans ma vie. À ma connaissance, rares sont les livres qui parlent de ce sujet-ci… Il y a bien eu « Dieu ne serait-il pas laïc? »  mais c’était encore autre chose car l’auteur se questionnaient sur les fondements de la religion et sur la véracité des écrits… et non sur la vie des religieux.

Ici, nous découvrons la vie carmélite de l’intérieur, à travers l’expérience de Lucie – ou Sœur Marie-Lucie.

« N’oublie jamais que la vocation ne doit en aucun cas être un refuge contre le monde. Nul ne s’abrite dans la maison du Seigneur  par crainte, par faiblesse ou sous influence. Y entrer exige du discernement et un courage immense.  Le quotidien est codifié, sévère et implacables. » 

… lui dit son ami le Père Simon. Mais Lucie n’entend que le mot vocation elle le sait, cette vie est faite pour elle. Elle a ce sentiment en elle depuis son séjour au couvent.

« Toutes sont maintenant assises dans l’église. L’Amour du Seigneur enveloppe Lucie. Les voie cristallise la bercent. Un désir, une émotion nouvelle, bouleversante, palpitent en elle. Elle aussi veut toucher du doigt cette ferveur, un antidote à l’ennui qui si souvent la guette. La foi la dévore. Le Seigneur est gourmand, Il la grignote peu à peu, Ses doigts caressent son coeur, Il entre par tous les pores de sa peau. » 

Alors elle y entre. Elle porte la tenue et fait vœu de silence. Elle laisse à la porte du couvent son ancienne vie. Elle y abandonne sa mère, sa grand-mère et son amie de toujours Juliette, persuadée d’avoir trouvé sa voie.

Mais la vie est dure au couvent ..

« Dans le couloir qui mène aux douches, sœur Marie-Lucie croise une novice. Elle esquisse un sourire, le visage de l’autre reste fermé. Ici, c’est chacun pour soi et Dieu pour tous. » 

La vie est dure et les autres femmes ne la regardent même pas. Seule la révérante mère Marie-Thérèse lui adresse la parole et c’est uniquement pour lui dire des atrocités. Quel est cet endroit où l’on se prétend habité l’Amour de Dieu et où l’on est détestable et violent ? 

Lucie change et elle le sait. Sa grand-mère lui téléphone, sa mère est malade.
« Que vas-tu faire? » lui demande-elle. « Prier pour elle, comme je prie pour toutes les autres » lui répond Lucie. Lucie est différente et distante. Heureusement, son amie Mathilde la rejoint au Carmel. Mais elle l’ignore et lorsque Lucie tente de lui adresser un message, elle la dénonce. La punition est exemplaire.

« Soeur Marie-Lucie est allongée sur le ventre, les bras en croix. Le froid sur le carrelage lui mord la joue gauche. L’humiliation lui tord les boyaux. Les soeurs entrent les unes après les autres et l’enjambent. »

Lucie s’est toujours battue pour avoir un corps léger, fin. Arrivée au Carmel, elle n’a pas d’autres choix que de finir intégralement son assiette à chaque repas afin d’atteindre les 75 kilos réglementaires imposés par Mère Marie-Thérèse. Mais pourquoi cette quête de grosseur, d’obésité ?

« Oubliez vos repères d’autrefois. Oubliez vos quêtes de minceur. Ici, le corps n’est qu’une enveloppe, crache-t’elle. Un amas de chair inutile. Il n’a plus qu’une fonction : vous porter. Et vous, vous n’avez plus qu’une mission : servir Dieu. Vous êtes les ouvrières du Créateur, celles qui, jour après jour, Le louent. Celles qui se donnent sans compter. Et si l’amour du Seigneur vous porte, vous devez y mettre du vôtre ! » 

La vie carmélite est si dure. Les seules paroles échangées ne sont qu’hypocrisie. Qu’imagine t-on d’une vie dévouée à Dieu? Un Amour partagé? De la joie, des chants religieux, des prières en communauté? Ce roman nous offre une vision plus intime, plus humaine, plus réaliste. Les règles sont parfois totalement absurdes : finir son assiette même si elle déborde de sauce et de gras, n’avoir aucun contact, fermer son coeur à ses proches, se taire et rester seule pour mieux accueillir Dieu.

Un très bon livre. J’ai eu l’impression d’être dans ce couvent avec Lucie, de subir les humiliations et de ressentir ces incompréhensions. C’est un livre qui fait réfléchir sur la vie recluse.


Un petit mot sur l’auteur : 

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Née en 1974, Maëlle Guillaud est éditrice. Lucie ou la vocation est son premier roman.

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2 réflexions sur “« Lucie ou la vocation » de Maëlle Guillaud – Chronique littéraire

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