« La musique d’une vie » d’Andreï Makine de l’Académie Française – Chronique littéraire

J’avais tant aimé « L’archipel d’une autre vie » que j’avais reçu grâce à la gentillesse d’Aurore des Editions Points que j’ai souhaité découvrir une seconde oeuvre de cet incroyable Académitien.

D’une beauté sans pareille, les mots d’Andreï Makine fondent sur notre coeur avec l’élégance et la douceur d’un poème oublié.

«Un très beau roman d’une écriture épurée qui vise l’émotion et touche au cœur.» L’Express

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Quatrième de couverture 

Au cœur de la tempête, dans l’immensité blanche de l’Oural, des voyageurs transis attendent un train qui ne vient pas. Alors que s’étire cette nuit sans fin, un vieux pianiste remonte le fil de son histoire, des prémices d’une grande carrière au traumatisme de la guerre.

Guidés par une musique intérieure, les souvenirs d’Alexeï nous révèlent la force indomptable de l’esprit russe.


Qu’en ai-je pensé ? 

L’auteur semble aimer les histoires dans l’histoire car de la même manière que dans L’archipel d’une autre vie, c’est après une rencontre qu’un homme se dévoile.

Dans une gare, un homme est bloqué après la suppression successive de ses trains. Il fait la rencontre d’un homme beaucoup plus âgé dont les doigts savent jouer des mélodies muettes. Au piano, il pleure et se raccroche à des bribes de vie passée.

« Plus attentif, je relève  dans son récit quelques a-à-coups que l’homme essaie d’éviter tantôt en s’interrompant à mi-mt, tantôt en racontant une anecdote. « Avant la guerre.. », « dans les années 30… », ces marques du passé lui échappent et me laissent deviner qu’il se promène dans une ville qui n’existe plus. Il finit par s’en rendre compte, se tait. » 

Cet homme, âgé, se révèle dans cette gare. Il raconte.

Il raconte sa jeunesse, la Russie, ses parents. Il raconte son amour pour cet instrument mélodieux qu’est le piano, son travail, son premier concert qu’il ne pourra jamais faire. Il raconte ses premiers émois, ses premiers ébats. Et puis la guerre.

Il raconte son évasion, sa fuite après une dénonciation qui le pousse à partir loin, loin des siens. Il raconte son vol d’identité pour ne pas être retrouvé par les soldats, sa vie de combattant, la mort côtoyée de si près. Il raconte l’infirmière et son premier amour dévoilé à l’aube de ses 27 ans. Il se met à nu et raconte son enfer, son traumatisme. Sa famille oubliée, sa famille perdue à jamais.

L’enfer d’une vie mais la beauté tout de même car Andreï Makine possède ce don, une justesse des mots, une acuité rare et le pouvoir de faire de ce qui est laid quelque chose de sublime.


Un petit mot sur l’auteur :

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Né en Sibérie en 1957, Andreï Makine est notamment l’auteur à succès du Testament français (prix Goncourt et prix Médicis 1995) et de La Femme qui attendait, disponible en Points.

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