« Songe à la douceur » de Clémentine Beauvais – Chronique littéraire

Certains d’entre vous connaissent sûrement la douloureuse histoire d’Eugène Onéguine ? Roman en vers d’Alexandre Pouchkine publié au XIXème siècle, il a inspiré de nombreux écrivains, artistes, réalisateurs et bien sûr, metteurs en scène. Tchaïkovski a d’ailleurs utilisé cette oeuvre pour en faire l’un de ses plus grands opéras.

Deux siècles plus tard, Clémentine Beauvais a décidé d’adapter Eugène Onéguine pour la transformer en Songe à la douceur. Je découvre aujourd’hui la plume sensible et drôle de Clémentine Beauvais, grâce à la gentillesse des Editions Points .

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Quatrième de couverture :

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Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il ne peut plus vivre loin d’elle. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ?

Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans, à ce moment-là d’une vie, peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaïkovski – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.


Ce que j’en ai pensé :

Le titre ne pourrait pas être mieux choisi.

Songe
      à
         la
douceur
… 

Eugène et Tatiana se rencontrent un été.

Eugène est comme cela :

« Il a le mal d’un siècle qui n’est pas le sien ;
Il se sent l’héritier amer d’un spleen ancien.
Tout est objet d’ennui pour cet inconsolable-
Ou de tristesse extrême, atroce, épouvantable.
Il a tout essayé, et tout lui a déplu.
Il a fumé, couché, dansé, mangé et bu,
Lu, couru, voyagé, peint, joué et écrit :
Rien ne réveille en lui de plaisir endormi »

Tatiana quand à elle … :

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Gros bond dans le passé pour tenter de retrouver l’image de nous, adolescents! Délicieuse (ou douloureuse) époque où nos coeurs commençaient à battre pour un autre être pour la toute première fois. L’apprentissage de l’amour, Tatiana en a fait l’expérience cet été là. Jusqu’à ce qu’Eugène lui refuse son amour en prétextant cette horrible phrase qui résonne encore en elle « On s’ennuierait ensemble ».

N’est ce pas terrible?

Mais relativisons.. Ne dit-on pas que pour ce « Si deux personnes sont faites pour être ensemble, elles finiront par se retrouver » ? Le hasard fait parfois bien les choses. C’est dans le métro parisien, dix ans plus tard, que nos deux amants maudits se retrouvent. « Toi ici?, qu’est ce que tu deviens? ». 

On ne peut passer à côté d’une oeuvre telle que celle ci. Une adaptation sincère et douce où les mots jouent un rôle primordial. Ils se baladent librement sur la page, illustrant avec perfection les sentiments de nos deux amoureux. La narratrice omniprésente est l’archétype de la bienveillance maternelle, commentant avec indulgence et sensibilité les petits pas de danse que font Eugène et Tatiana.

 

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C’est évidemment une histoire romantique mais le choix des mots, petits tâches d’encre étalés ici et là sur les pages, en font une idylle physique et délicate. C’est une tendre réinterprétation d’Eugène Onéguine, à tenter absolument !

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Un petit mot sur l’auteur :

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Enseignante-chercheuse en sociologie et philosophie de l’enfance à l’université de York, dans le nord de l’Angleterre, Clémentine Beauvais a publié des livres pour enfants en France dont « On n’a rien vu venir » chez Alice Jeunesse, « Samiha et les fantômes » et « La pouilleuse ». Deux de ses albums ont reçu le soutien d’Amnesty International. « Les petites reines » est élu Meilleur livre jeunesse en 2015. Elle écrit pour tous les âges, des plus petits aux jeunes adultes.

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