« Le malentendu » d’Irène Némirovsky – Chronique littéraire

Nous sommes en 1926 et le soleil réchauffe les corps des estivants venus passer quelques semaines de vacances sur la côte basque.

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Yves Harteloup est un jeune homme meurtri par la guerre, un « nouveau pauvre » déclassé de la grande bourgeoisie. Lors de vacances oisives et langoureuses à Hendaye, il s’éprend de Denise, sublime brune aux yeux verts, la peau douce et dorée par le soleil. Mais Denise est maman d’une petite fille… et mariée à un homme fortuné qu’Yves a côtoyé pendant la guerre. D’une seule nuit partagée la veille du départ, nait une romance, une passion qui viendra se détruire puis mourir sous l’autel de leur égoïsme respectif une fois de retour à Paris. L’un est fuyant, mélancolique et se sent étouffé par cette relation presque exclusive et bien souvent agressive. L’autre ne veut être que l’Aimée, l’unique, l’objet de toutes les pensées. Ce climat de malaise face à la froideur parisienne favorise les tensions, la douleur et le harcèlement déguisé en amour rejeté.

« Aimer sans être aimé,
Etre au lit sans dormir
Et attendre sans voir venir,
Sont trois choses qui font mourir.

… dit-on à peu près. »

C’est un très beau roman qui traite avec objectivité de l’incompréhension des sentiments amoureux dans le Paris des années folles. La plume d’Irène Némirovsky n’est pas sans rappeler l’écriture de Sagan… à bon entendeur !

« Sa présence seule lui était indispensable pour le moment ; sa longue chasteté, au lieu de lui peser, lui était précieuse comme une enfance retrouvée ; son désir d’elle lui causait une de ces souffrances exquises que l’on se plaît à faire durer, comme, au cœur de l’été, quand on a soif, on s’amuse à tenir longtemps sous ses lèvres, sans le boire, le verre d’eau glacé, embué de petites perles fraîches. Il avait assez vécu et senti pour reconnaître la valeur de son émoi ; il le cultivait égoïstement, jalousement, comme une fleur rare. »

Un petit mot sur l’auteur : 

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Irène Némirovsky est une romancière russe d’expression française, née le 24 février 1903 à Kiev et morte le 19 août 1942 à Auschwitz.

 

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