« Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » de Harper Lee – Chronique littéraire

Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort.

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C’est à travers les yeux et la voix de la jeune Scout que nous découvrons l’Alabama des années 30. Scout, garçon manqué en salopette qui suit son frère partout assiste à ce procès terrible qui va bouleverser leur enfance insouciante. Cette oeuvre est, sans aucun doute, de celles qui nous font réfléchir sur la lutte des castes, des classes, des races.

– On va gagner Atticus ?
– Non, ma chérie.
– Alors pourquoi…
– Ce n’est pas parce qu’on est battu d’avance qu’il ne faut pas essayer de gagner.

J’ai lu énormément de critiques dithyrambiques, certains parlaient de « révélation », de « chef-d’oeuvre »… Malheureusement, je n’ai pas ressenti un tel engouement. L’histoire est prenante, l’écriture est belle et ciselée et le sujet est puissant. Mais je n’ai pas véritablement accroché. Peut-être est-ce dû à l’historique de ce livre qui est considéré comme un chef d’œuvre dans tous les pays anglo saxons en plus d’avoir été un bestseller. La puissance qu’il dégage est intimement lié au contexte politique de l’époque et le fait que d’une certaine manière les choses et les situations semblent si convenues, si manichéennes que cela ne parvient pas, en tout cas chez moi, à provoquer cette émotion, cette disruption, qui fait à mon sens la valeur d’une histoire. J’ai sans doute trop attendu du livre au regard des critiques quasi unanimes que j’avais lu à son sujet, il n’y a pas eu rencontre, c’est bien sûr dommage mais dans certains cas, il faut refermer l’ouvrage et laisser l’auteur venir nous rechercher plus tard, à un autre moment. Parfois une seconde lecture permet finalement de rendre l’interaction possible. Je laisse donc l’oiseau moqueur reprendre sa place dans ma bibliothèque et Harper Lee revenir vers moi au moment venu.

Et vous?

Avant de vivre en paix avec les autres, je dois vivre en paix avec moi-même. La seule chose qui ne doive pas céder à la loi de la majorité est la conscience de l’individu.


Un petit mot sur l’auteur : 

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Nelle Harper Lee dite Harper Lee est une écrivaine américaine. « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur », paru en 1959, est un succès immédiat, et il est couronné par le Prix Pulitzer en 1961.

 

Plaidoyer pour la justice, le roman paraît à l’époque où la reconnaissance des droits civiques des afro-américains, et notamment l’abolition de la discrimination de facto dans des établissements d’enseignement provoque des manifestations conservatrices violentes. Le roman est adapté au cinéma sous le titre « Du Silence et des Ombres » en 1962.

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