La trilogie « Le goût du bonheur » de Marie Laberge – Chronique littéraire

« Ce qu’il y a de beau avec Adélaïde, c’est que c’est une étrange pas gênée de l’être, qui tire fierté de ça. Elle va suivre son chemin à elle, avec sa manière de faire et ce sera juste too bad pour ceux qui ne veulent pas suivre. »

Trouver un livre, une héroïne qui porte mon prénom! Et tomber en amour des mots de l’auteur.

Je crains de ne pouvoir trouver les mots pour vous décrire les émotions qui furent miennes lors de ma lecture de ces trois tomes : Gabrielle, Adélaïde et Florent. Je ne connaissais ni l’auteur, ni les oeuvres lorsque je les ai reçu par l’adorable Hélène. Je ne la remercierai jamais assez. Je les ai lu en décalé, en une année car je ne voulais pas que cela se termine vite. Immense coup de coeur pour ces 3000 pages d’une fresque familiale intense.

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Je ne sais comment vous parler de cette trilogie tant elle est incroyable, réaliste et belle.  L’histoire débute en plein Quebec des années 30 (Tome 1 : Gabrielle) et s’achève dans les années 70 (Florent).

Gabrielle, trentenaire, la maman, la femme du premier tome. Sublime de courage, d’intelligence et de beauté, futuriste et indépendante. Elle nous fait prendre conscience de la place des suffragettes de l’époque, des femmes qui voulait faire bouger les choses. Edward, son époux qui n’a que Gabrielle en tête. Il est doux, drôle, attirant, aimant. L’aînée, Adélaïde, 7 ans au début de l’histoire mais qui grandit au fur et à mesure de ce récit de vie. Je la ressens et lui ressemble et j’adore ça. ✨

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Les autres enfants : Fabien, Béatrice, Rose, Guillaume et leurs cousines, Reine et Isabelle ; chacun à leur matière sont différents et apportent quelque chose à leur famille. Premiers émois. Mariage forcé. Mariage d’amour. Chagrin d’amour. Chagrin de vie. D’autres hommes fous d’amour pour Gabrielle obligés de fuir tant la décence de l’époque interdisait d’aimer qui que ce soit de déjà engagé. J’avoue avoir un petit faible pour le personnage de Nic… Mais chut!

La plus grande richesse de cette trilogie réside sans aucun doute dans ses personnages éperdument attachants et leur volonté de goûter au bonheur, même si cela dérange les conventions étriquées de la bonne société catholique québécoise de l’époque.

Elle lève les yeux vers lui et, comme s’il s’agissait d’un signal secret, ils se mettent à valser silencieusement le long de l’allée cirée qui sépare les deux longues rangées de lits. Tout le monde s’est tu. Du fond de leur lit, même les plus languides se soulèvent et fixent, émerveillés, ce couple qui glisse sur le sol, cette traîne striée de lumières qui virevolte, la main forte de l’homme contre la peau pâle du dos et les yeux du danseur qui plongent dans ceux de la femme. Ils regardent tous dans le silence de la nuit habituellement si mesquine cette princesse et ce prince venus faire miroiter un monde disparu et, pour la première fois depuis longtemps, ils entendent la musique.

Je ne peux vous en dire plus car cela reviendrait à vous raconter la fin du premier tome… Je ne dirai qu’une seule chose : le second tome, Adélaïde, apporte son lot de douleurs… et de bonheur. C’est la Seconde Guerre Mondiale, les hommes sont partis à la guerre sur le vieux continent et ce sont les femmes qui s’occupent de tout. La mort est omniprésente… mais la vie également !

Le deuxième opus, Adélaïde, est incroyable de sincérité, presque mieux que Gabrielle (qui est pourtant indétrônable !). Florent est dans la continuité de ces deux premières œuvres, un petit bijou livresque que l’on ne peut qu’adorer.

Quand je t’ai épousée, je t’aimais déjà sans le savoir. Mais j’avais renoncé, à cause de ted. Je ne voulais qu’une chose : que tu aies cet enfant en paix, que tu ne perdes pas tout. J’ai aimé ta mère comme un fou, probablement autant que tu as aimé Théodore Singer. Tout en toi ressemble à Gabrielle, mais tout est ardent, fervent avec toi. La vie avec toi est pleine d’électricité, tu ne regardes rien comme les autres, tu déranges toutes les habitudes, toutes les normes, tu es si entière que tu peux faire peur. Tu es un orage, Adélaïde, ta mère était un lac calme. Chez toi, la vie est affamée, chez elle, on pouvait se reposer. Tu as sa taille, mais ton élégance fracasse au lieu d’être discrète. Je ne sais pas pourquoi, tu es la seule femme dans ma vie à me mettre aussi fort au défi de vivre. Gabrielle s’arrêtait toute seule, toi, je ne pourrais même pas te ralentir. Personne ne le peut. Et c’est ce qui fait que, malgré ta ressemblance avec elle, tu es toi, différente, plus forte et uniquement toi. Gabrielle disparaît devant toi.

Je ne raconterai rien sur le deuxième ou le troisième tome, j’ai bien trop peur de vous gâcher la surprise et ce serait si dommage.

Des scènes débordantes d’amour, de sensualité, de non-dits, d’émotions partagées… J’ai envie de crier au monde que cette trilogie, ces œuvres, c’est du pain béni pour les amoureux des mots ! C’est une lecture qui m’a profondément bouleversée. Je vais avoir du mal à m’en remettre… Ils me manquent tous déjà si fort.

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Un autre tome s’il vous plait Marie Laberge!!

 


Un petit mot sur l’auteur : 

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Marie Laberge (née le 29 novembre 1950 à Québec) est une dramaturge, une romancière, une comédienne et une metteur en scène québécoise. Dans la francophonie, elle est surtout connue pour son travail de dramaturge, alors qu’au Canada, elle est surtout connue pour ses œuvres littéraires.

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