« L’enfant mouche » de Philippe Pollet-Villard

J’ai reçu par un soir d’automne dernier un petit colis contenant une lettre, une photographie d’une petite fille et un livre publié chez Flammarion signé Philippe Pollet-Villard. C’était son Enfant Mouche. Voilà l’une des nouvelles parutions dont j’avais le plus entendu parler lors de la Rentrée littéraire 2017 et comme souvent, j’aime décaler mes lectures pour ne pas les découvrir en même temps que les autres lecteurs. Et me voici, un an après, à écrire ma chronique sur cette touchante et douloureuse histoire mi-tragique, mi-comique, largement inspirée par l’enfance de la Maman de Philippe.

Avril 44. C’est sous le regard de Marie, 12 ans, que nous découvrons notre France occupée. Après avoir été abandonnée par sa mère – vraisemblablement effeuilleuse de cabaret – et recueillie par Anne-Angèle, infirmière sexagénaire et syphilitique, elle quitte Paris pour le calme de la campagne.

Elle voudrait rassurer son chat, mais elle s’abstient car elle sait mieux que quiconque qu’il ne faut rien promettre à un être abandonné.

Bzzzz bzzzz… « Die kleine fliege », « la petite mouche », c’est le surnom que les soldats allemands ont trouvé à Marie. Elle vole de conserves en conserves, chapardant ce qu’elle peut pour ne pas mourir de faim. Elle se lie d’amitié avec deux personnages hauts en couleur… Une jolie prostituée collabo qui enchaine les passes avec l’occupant et un jeune cuisiner allemand, homosexuel, qui lui promet une belle vie en Allemagne après la guerre. Certains sont bien moins attachants… Je pense notamment à ce vieux médecin libineux ou encore ce « fracassé » de 14-18 qui ferait partie des résistants et qui la menace  de mort plus d’une fois.

Marie découvre et s’adapte, avec l’intelligence innocente que seuls les très jeunes adolescents possèdent encore. Elle nous fait entrer dans une histoire qu’on pensait connaitre et où finalement, les Allemands n’ont pas le plus mauvais rôle. Pas de larmes, mais une envie fébrile de tourner les pages pour connaitre le vol chaotique de l’Enfant-Mouche.

Et maintenant que ma lecture est achevée, je ressens ce sentiment bien connu que seuls les très bons romans nous laissent en bouche, cet arrière-goût d’amertume et qui me fait poser cette fameuse question… cher Philippe, y aura t-il une suite ?


Un petit mot sur l’auteur : 

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Philippe Pollet-Villard
est un acteur, réalisateur, scénariste et écrivain français.
Sa famille est originaire de Thônes. Il suit les cours de l’école préparatoire des Beaux-Arts d’Annecy. Il s’installe à Paris et commence à travailler dans la publicité comme DA (directeur artistique) à l’ agence BDDP ; ( clients : Virgin Megastore entre autres …) .
Parallèlement, il suit des cours de théâtres pour apprendre la direction d’acteurs, et commence à participer à la réalisation de films.

 

Il reçoit le Grand Prix, le Prix du Public, le Prix « Attention Talent » FNAC au Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand (2007), l’Oscar du meilleur court-métrage de fiction et le César du meilleur court-métrage pour « Le Mozart des pickpockets ».

« L’homme qui marchait avec une balle dans la tête », obtient en 2006 le Prix Ciné Roman Carte Noire, celui du 1er roman de La Forêt des livres et du 1er roman au salon du livre du Touquet-Paris-Plage ; le second, « La Fabrique de souvenirs », paru en 2007, lui vaut le Prix littéraire Marcel Pagnol 2008.

Sources : Babelio 

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