« Paris est une fête » d’Ernest Hemingway – Chronique littéraire

Il n’y a jamais de fin à Paris et le souvenir qu’en gardent tous ceux qui y ont vécu diffère d’une personne à l’autre. Nous y sommes toujours revenus, et peu importait qui nous étions, chaque fois, ni comment il avait changé, ni avec quelles difficultés- ou quelle facilité- nous pouvions nous y rendre. Paris valait toujours le déplacement, et on recevait toujours quelque chose en retour de ce qu’on lui donnait.

Notre Paris est peut-être une fête…  mais avec tes mots, Ernest, elle n’en devient que plus belle !

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J’ai lu la biographie de Zelda Fitzgerald (dont je vous parlerai dimanche sur Youtube) et ce qui m’a notamment frappé dans cette oeuvre, c’est la relation presque toxique, malsaine qu’entretenaient Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway. Je voulais en savoir plus et je savais qu’Ernest avait dédié quelques fragments de cette amitié dans « Paris est une fête »… Alors quand je suis tombée sur lui dans ma librairie préférée, je n’ai pas pu résister. Je l’ai acheté et dévoré dans la foulée. Et quel merveilleuse lecture !

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« Paris est une fête », c’est une multitude de petits moments épars, de souvenirs et d’anecdotes qu’Ernest a rassemblé dans un seul ouvrage qu’on peut qualifier d’autobiographique. C’est son dernier roman , publié à titre posthume après son suicide. Le Paris des années 20 accueillaient les américains à bras ouverts, c’était l’endroit idéal  pour les jeunes écrivains en quête d’inspiration. Ernest était de ceux là. Il n’avait pas d’argent, il sautait les repas et se nourrissait parfois exclusivement d’alcool. Il subissait plus qu’il ne vivait mais il faisait partie de ces « mélancoliques heureux » qui se satisfont de peu : il aimait, il était aimé, il écrivait. Cela lui suffisait.

Il dresse un portrait intimiste de la société de l’époque en plaçant son travail d’écriture, ses relations et ses rencontres au centre de son oeuvre. Et tandis que semble revivre le Paris des écrivains des années 20, Gertrude Stein, Scott Fitzgerald, Ezra Pound, James Joyce tour à tour ressuscitent sous la plume d’Hemingway.

C’est notamment ce cher Scott que nous retrouvons. Hemingway le dépeint avec une touche de moquerie, voire même de supériorité alors qu’il fait pourtant face à son ainé, déjà reconnu dans la profession. On peut lire entre les lignes une forme de jalousie mais aussi de dédain face à cet homme prisonnier à la fois  de l’alcool et de ses abus mais aussi de Zelda, qu’Ernest considère comme une despote castratrice qui bloquerait son travail de création.

« Scott était un homme qui ressemblait un petit garçon avec un visage mi-beau mi-joli. Il avait des cheveux très blonds et bouclés, un grand front, un regard vif et cordial, et une bou-che délicate aux lèvres allongées, typiquement irlandaise, qui, dans un visage de fille, aurait été la bouche d’une beauté. Son menton était bien modelé, il avait l’oreille agréablement tournée et un nez élégant, pur et presque beau. Tout cela n’aurait pas suffi à composer un joli visage mais il fallait y ajouter le teint, les cheveux blonds et la bouche, cette bouche si troublante pour qui ne connaissait pas Scott et plus troublante encore pour qui le connaissait. »

« Paris est une fête », c’est une ode à la vie, à l’écriture, aux rencontres et aux amitiés. C’est aussi une formidable déclaration d’amour à notre belle ville de Paris.

Une fille entra dans le café et s’assit, toute seule, à une table près de la vitre. Elle était très jolie, avec un visage aussi frais qu’un sou neuf, si toutefois l’on avait frappé la monnaie dans de la chair lisse recouverte d’une peau toute fraîche de pluie, et ses cheveux étaient noirs comme l’aile du corbeau et coupés net et en diagonale à hauteur de la joue.
Je la regardai et cette vue me troubla et me mit dans un grand état d’agitation. Je souhaitai pouvoir mettre la fille dans ce conte ou dans un autre, mais elle s’était placée de telle façon qu’elle pût surveiller la rue et l’entrée du café, et je compris qu’elle attendait quelqu’un. De sorte que je me remis à écrire.

 


Un petit mot sur l’auteur :

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Ecrivain, journaliste et correspondant de guerre, Hemingway demeure l’écrivain le plus lu dans la première moitié du XXème siècle. Auteur emblématique de la Lost Generation, il prête un talent narratif unique à ses thèmes de prédilection que sont l’aventure, le dépassement de soi et les grands combats politiques pour s’imposer très vite parmi les plus grands romanciers de son époque.

Sources bio : Babelio

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