« Arletty-Soehring, Hélas ! Je t’aime. » Chronique littéraire

Fermez-les yeux.
Respirez lentement.
Vous sentez cette odeur désuète d’encre mélangée à celle du vieux papier?
Ce sont les lettres d’amour d’Arletty et Soehring.

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Paris, 1941. Il vous faut imaginer la Capitale sous l’Occupation, vivant à l’heure du couvre feu imposé par le régime allemand… et l’actrice Arletty, qui « se tape un coup de rouge » dans un vieux bistro pour oublier la défaite consommée de son pays.

C’est lors d’une soirée mondaine qu’elle rencontre Hans Jürgen Soehring, un officier allemand portant l’uniforme gris de la Luftwaffe. Soehring a belle allure, « un air viril, l’oeil incisif et clair, la mâchoire volontaire et carrée, la bouche ourlé, le front large et dégagé, les cheveux courts ».  Il parle parfaitement le français. Il n’en fallait pas plus… Elle est tout de suite « chipée ». Elle lui trouve un air de faune… Et le surnomme ainsi. Pour lui, elle sera sa « Biche ».

Arletty et Sohering ne se quittent plus, passent tout leur temps ensemble, à Paris. Mais bientôt, leur vie les rattrape et il faut bien sortir de chez soi… Arletty part en tournage à Nice où elle jouera notamment dans La Femme que j’ai le plus aimé ou Les Visiteurs du soir. Soehring part superviser les manoeuvres de l’armée allemande dans l’est de la France et la Belgique.

Ils s’écrivent finalement très peu pendant cette période, ils se voient entre souvent. Mais le rythme de leur correspondance s’accélère à partir du 1er mars 1943, lorsque Soehring est envoyé sur le front italien. Des centaines de lettres, près d’une par jour sont alors envoyées. Avec la guerre qui fait rage, leurs correspondances arrivent difficilement à destination. Mais leur amour est plus fort que tout.

Et puis la guerre se termine… Les deux amants sont inquiétés pour avoir aimé « l’ennemi ». Arletty est assignée à résidence. Mais ils ont continuent leur correspondance.

Jusqu’au moment où ils doivent se rendre à l’évidence, la vie a repris ses droits, banale, ordinaire. Ils n’est plus le héros galonné qu’elle avait idéalisé et qui sans doute, la protégeait des affres d’un conflit qui la dépassait. Et elle l’a bien compris… Il a une autre femme dans sa vie, une jeune étudiante de Munich, Hanni.

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Cette correspondante est puissante, touchante. Elle est presque intrusive finalement, car on entre dans leur histoire, on lit leurs échanges amoureux, on ressent leur désir, leur passion. On tombe amoureux de leur amour. Et on se surprend même à laisser couler quelques larmes en apprenant que Soehring mène une double vie.

A lire et à relire, l’amour épistolaire de ces deux amants officiellement « ennemis » en temps de guerre.

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