« Une journée dans la vie d’Ivan Denissovitch » d’Alexandre Soljenitsyne – Chronique littéraire

1962, URSS. Le gouvernement censure Soljenitsyne. Forcément, l’enfer du goulag raconté par un survivant, ça fait peur. Personne ne doit savoir. Et pourtant… Entre 1929 et 1953, dix-huit millions de Soviétiques ont rejoint les camps de travail forcé. Des prisonniers de guerre, des détenus politiques, des criminels…  Deux millions de personnes ont péri au cours de leur détention.

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Ivan Denissovitch Choukhov est condamné à dix ans de camp de travail pour avoir été fait prisonnier au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Plongés au cœur du goulag, nous suivons la vie d’Ivan du lever au coucher avec les longues procédures de comptage debout dans le froid, la peur permanente, la violence – aussi bien physique que psychologique, les repas au « réfectoire » où l’on doit se battre pour avoir « la meilleure partie du bouillon ».  Mais Ivan est fort, il survit. Il imagine de petits stratagèmes qui l’aident à rester la tête hors de l’eau.

Le témoignage est nécessaire – tout comme le devoir de mémoire le sera toujours. Nous ne devons pas fermer les yeux face aux atrocités qui ont fait l’Histoire. Le goulag avait pour vocation de nier l’individu, de dépersonnaliser l’homme prisonnier pour qu’il ne reste de lui qu’un numéro, une main d’oeuvre gratuite et sans visage. Aucune scène de violence insoutenable dans ce récit, mais si vous arrivez à lire entre les lignes, vous découvrirez que la torture y est omniprésente.

Symbole littéraire de la période post-Staline, « Une journée dans la vie d’Ivan Denissovitch » est écrit dans le langage argotique de l’époque ce qui peut perturber quelque peu le lecteur. Il est vrai que le style littéraire n’est pas celui de Tolstoï ou Dostoïevski, mais il est cru, brutal, réaliste. Plus humain. Je vous recommande la lecture du témoignage du matricule M-854 de la 104ème brigade…. peut-être en introduction au monument qu’est L’Archipel du Goulag ?


Un petit mot sur l’auteur :

Alexandre Issaïevitch Soljénitsyne est un romancier et dissident russe. En janvier 1945, il est arrêté pour avoir émis dans une lettre privée des doutes sur la stratégie politique de Staline, qualifié par ailleurs de « caïd ». Il est condamné sans appel à 8 ans de redressement dans un camp, pour complot antisoviétique, une expérience qu’il relatera dans « Une journée d’lvan Denissovitch ». Après vingt années d’exil, il rentre dans son pays en 1994. En 2007, il reçut des mains de Vladimir Poutine le prix d’Etat russe avant de se retirer du monde. Fondée sur l’expérience du totalitarisme, son oeuvre, qui a les dimensions d’une grande fresque sociale, s’attache à révéler les falsifications de l’Histoire.

Sources : Babelio 

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