« Capitale de la douleur » de Paul Eluard

« Elle se refuse toujours à comprendre, à entendre, Elle rit pour cacher sa terreur d’elle-même. Elle a toujours marché sous les arches des nuits. Et partout où elle a passé. Elle a laissé l’empreinte des choses brisées. »

Paul Eluard et ses mots si touchants, si sensibles, si osés. Paul Eluard et ses obsessions, ses envies terribles et ses regrets. Il met à nu son cœur, son corps et se dévoile entièrement dans ce tout premier recueil publié en 1946.

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Eluard est au cœur de la nébuleuse surréaliste. Cette période que j’affectionne a été particulièrement féconde pour les artistes… Capitale de la douleur contient une centaine de poèmes écrit entre 1914 et 1926. Son titre originel « L’art d’être malheureux » est substitué au dernier moment par celui que nous connaissons aujourd’hui.

Mais ce titre « Capitale de la douleur » est finalement mille fois plus poétique car c’est dans cette Capitale, ce Paris des années 30 que Paul vit, survit dirais-je même, en rêvant douloureusement de son épouse Gala qui n’a de cesse de le faire souffrir. Le couple Eluard est libertin, volage et l’adultère fait partie de leur quotidien. Pour Paul, ce ne sont que quelques désirs assouvis entre les bras roses de femmes très vite oubliées. Pour Gala, c’est un déchaînement de passion, c’est l’expression extrême d’un besoin d’amour fou. Si Paul oublie très vite les femmes qu’il met dans son lit, Gala tombe amoureuse de ses amants de passage. Et un, plus particulièrement. Peu de temps après la parution du recueil, Gala quittera Paul et épousera Salvador Dali. Capitale de la douleur, c’est aussi une manière de transcender cette souffrance, le mot de capitale utilisé ici comme superlatif : il ne peut y avoir douleur plus grande que celle exprimée dans ce recueil. C’est en tout cas comme cela que je le perçois….

Capital de la douleur, c’est l’expression même de la dépression d’un mari éconduit. C’est la tristesse de perdre la femme qu’il aimera toute sa vie. C’est un hurlement de désespoir et un si beau trésor pour la littérature surréaliste. Aimez-vous Eluard?

 

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