« Mrs. Hemingway » de Naomi Wood – Chronique littéraire

Ernest est si beau que ça en devient indécent. Très grand, très brun, large sourire et larges épaules, il séduit quiconque s’approche. Les hommes sont impressionnés, intimidés par son charisme. Quant aux femmes… elles meurent toutes de désir pour lui. Il est l’homme de plusieurs femmes et les quatre plus importantes ont porté son nom : Mrs Hemingway.

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En éternel insatisfait, l’adultère fait partie de sa vie. Ernest Hemingway est si doué dans le rôle de l’amoureux transi qu’il se révèle complètement nul dans celui du mari fidèle et aimant. Il veut sa femme, il veut sa maitresse, il veut tout ce qui est à sa portée. Séducteur compulsif, mari exécrable. Homme irrésistible.

Sa toute première épouse, Hadley, est une très jeune femme douce et aimante. Il la fascine, elle est subjuguée par lui. Ils se marient en 1921 dans le Michigan et partent s’installer à Paris. Triste cliché : Ernest finit par tomber amoureux de sa meilleure amie. « C’est elle ou moi », dit Hadley. Le choix est dur mais le coeur l’emporte sur la raison : il abandonne sa femme et son fils pour vivre sa passion au grand jour avec Fife (Pauline Pfeiffer), la plus passionnée des quatre, la plus amoureuse. Il l’épouse en 1927. Elle est celle qui ne se remettra jamais de la perte d’Ernest. Elle s’est accrochée jusqu’au bout, luttant pour garder son Nesto, quand bien même elle retrouve des dédicaces adressées à une autre femme. « A Marthy, avec tout mon amour ». Quelle femme supporterait ça?

Il épouse Martha Gellhorn,  correspondante de guerre, blonde comme les blés, à peine trois semaines après son divorce, en 1940. Si belle, si indépendante. L’histoire se répète… Elle découvre un poème d’amour écrit pour une autre. Mais elle n’est pas de ces femmes que l’on quitte… C’est elle qui prend la décision de divorcer, après quatre ans de mariage. Ernest s’est de toute manière déjà consolé dans les bras de sa quatrième et dernière épouse : Mary Welsh. 

L’une après l’autre, ses épouses ont tenté de le sortir de sa mélancolie profonde, de son chagrin de vie, de ses idées noires, de son addiction à l’alcool. Mais peut-être que la part sombre qu’Ernest portait en lui était plus lourde que celle du commun des mortels. Peut-être que cette noirceur emplissait sa gorge et son esprit comme la plus noire des encres. Jusqu’à son suicide, en 1961.

Mrs Hemingway est un roman-biographie qui se lit d’une traite, un voyage à travers le temps et les lieux qui nous mène de Paris à Key West, de Cuba à Idaho, d’Antibes à Madrid, tous ces lieux où Ernest a séduit, aimé, où sa séduction dépassait le stade de la décence, où l’adultère détruisait ses relations. Ernest, cet éternel insatisfait, cet écrivain brillant, cet homme solide et sublime, lâche mais terriblement touchant, alcoolique et dépendant, a vu sa vie rythmée par ses failles, ses faiblesses et par son insatiable besoin d’amour.

Ce petit livre est parfait pour l’été. A lire au bord de la piscine, pour découvrir ou redécouvrir la vie intime d’Ernie et les portraits des femmes qui l’ont aimé pendant ses  61 années de vie.

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