« Corps et biens » de Robert Desnos – Chronique littéraire

Quel(s) corps ? Quels biens ?

Robert Desnos, l’enfant chéri du surréalisme, cet amant si libre et fougueux, ce poète prodige de l’écriture automatique…. cet homme fou amoureux. Sa langue est son refuge, son imagination sa force. Quant à ses désirs et ses regrets, ils restent son inspiration perpétuelle. Il y a une femme, LA femme, jamais citée mais prenant pourtant toute la place dans ce recueil. Est-ce Yvonne, Lucie – alias Yuki Fujita ou Rrose Sélavy? Mystère…

IMG_5552.jpg

Parmi les dizaines de poèmes de ce recueil se cachait « J’ai tant rêvé de toi » que vous connaissez sûrement. Robert Desnos utilise ici la poésie comme évasion : la puissance du rêve (et de la femme rêvée) associée à la puissance de la parole poétique pour décrire cet amour presque impossible, irréel. Comment arrive t-il à exprimer avec tant de justesse ces sensations qu’il n’a pas connu, cette figure féminine idéale (ou idéalisée) qu’il n’a jamais pu avoir? Il l’écrivait … « Je suis marquée par mes amours et pour la vie ».  

« Tes regards sont des rayons d’étoile, les rubans de ta robe des routes vers l’infini. » (…) « Loin de moi et plus silencieuse encore parce que je t’imagine sans cesse. »(…)  « Moi qui suis Robert Desnos, pour t’aimer. » 

Ses mots sont des images, des rythmes, des musicalités. Dans Corps et biens, Robert Desnos nous entraine dans une danse endiablée où l’amour, la nature, la liberté et le courage ne font plus qu’un. Sa poésie est un feu terrible qui brûle et transcende le lecteur. Une poésie surréaliste. J’ai une tendresse toute particulière pour ce poète aux grands yeux bleus qui maniait les mots avec une justesse de maitre, un lyrisme chantant et un engagement sans faille. Il y a dans chacun de ses poèmes, comme un emportement, un frémissement, un halètement spasmodiques. « Le surréalisme est à l’ordre du jour et Desnos est son prophète. » disait Breton de lui… « La poésie de Desnos, c’est la poésie du courage. » ajoutait Eluard. J’écoute Ferrat en lisant Desnos et ma foi, je dois avouer que cela se marie bien.

« Jamais d’autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes. Jamais, jamais d’autre que toi. » 

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s